Actu Europe du 04-10-2013

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Bonjour Loïc,

 

Alors au menu de votre rubrique Europe cette semaine ?

 

La commission européenne et le réchauffement climatique, l'Ukraine qui passe des accords commerciaux, Total qui lorgne du côté de la Grande-Bretagne et un projet de stockage de gaz en mer qui provoque des séismes à répétition.

 

Pour Connie Hedegaard, commissaire européen au Climat, il ne s'agit plus de croire ou non au réchauffement climatique, mais d'en tenir compte.

 

Dans cette lutte contre le réchauffement climatique, la commissaire européenne est assez contente des résultats.

 

L'Union européenne s'est engagée, d'ici 2020, à réduire ses émissions de CO2 de 20 % par rapport à 1990, à porter la part des énergies renouvelables à 20 % de sa consommation et à réaliser 20 % d'économies d'énergie. Globalement, la feuille de route est respectée. L'Europe est le seul continent à afficher une baisse de ses émissions. Toujours d'après elle.

 

Mais l'Europe doute.

 

Elle craint pour sa compétitivité car en face, l'Amérique a fait chuter le prix de l'énergie grâce à l'exploitation du gaz de schiste et dans le même temps les pays émergents refusent de prendre des engagements contraignants.

 

Les discussions sur les futurs objectifs de baisse risquent d'être très compliquées surtout avec les lobbies industriels qui plaident pour l'abandon des objectifs pour les énergies vertes et la lutte contre le gaspillage.

 

Pendant ce temps là, les contrats entre pays et industriels continuent à être signés.

 

Exemple avec l'Ukraine. Ce pays a annoncé jeudi un accord de partage de production avec un consortium occidental piloté par l'américain ExxonMobil et l'anglo-néerlandais Shell.

 

L'objectif de ce type d'accord, comme pour la Pologne, est de réduire sa dépendance à la Russie.

 

Oui. Alors dans le cas présent il s'agit de produire du gaz naturel sur le secteur Skifski en mer Noire. Ce secteur, situé à proximité de la Roumanie, devrait permettre de produire de huit à dix milliards de mètres cubes de gaz par an.

 

Mais, l'Ukraine a également au mois de janvier, signé avec Shell un contrat d'exploration d'un gisement de gaz de schiste. Et en 2012, Chevron a remporté un appel d'offres pour l'exploration du gisement de gaz de schiste d'Olesske, dans l'ouest de l'Ukraine.

 

Toujours dans le domaine des contrats, Total, entreprise française n'est pas en reste.

 

En attendant discrètement le résultat de la QPC en France, Total étudie des opportunités dans le gaz de schiste au Royaume-Uni. Annonce faite par son président-directeur général, Christophe de Margerie.

 

Quel est l'objectif du contrat ?

 

Il s'agit d'une négociation en vue de prendre une participation dans un projet au Royaume-Uni. Également envisagée, la participation au processus d'attribution de licences « onshore » qui aura lieu l'année prochaine. (« onshore » : recherche et exploitation sur terre par opposition au « offshore » qui est en mer).

 

Si cela fonctionne comme prévu, Total, pourrait être la première « major » pétrolière à faire son entrée dans le secteur au Royaume-Uni.

 

Oui, car malgré le coup de pouce important du gouvernement britannique, la plupart des grands groupes énergétiques ont jusqu'à présent manifesté peu d'intérêt pour le Royaume-Uni. Du coup, ce domaine est surtout dominé par de très petites sociétés. Avec les résultats que l'on sait, il suffit de voir le travail de la société Cuadrilla dans le village de Balcombe au sud de Londres.

 

D'ailleurs, le directeur général de Royal Dutch Shell a déclaré que le développement du gaz de schiste au Royaume-Uni et en Europe ne devrait pas décoller avant la prochaine décennie et que, de toutes les façons, il se ferait à une moindre échelle qu'outre-Atlantique.

 

Plus au sud, en Espagne, la multiplication de secousses sismiques provoque l'inquiétude des habitants de la région du delta de l'Ebre.

 

Activité sismique soutenue, car rien qu'au mois de septembre, plus de 300 secousses ont été enregistrées. Les secousses, d'une magnitude allant de 1,5 à 2,9, sont toutes localisées dans le Golfe de Valence. Une des plus fortes secousses a même atteint une magnitude de 4,2.

 

Le ministère de l'Industrie a dû suspendre l'activité des installations de stockage de gaz, en fonctionnement depuis le mois de juin. Situé en Méditerranée à 22 kilomètres des côtes, le projet a permis de transformer un ancien puits pétrolier à plus de 1.700 mètres sous le niveau de la mer afin d'y constituer une réserve de gaz naturel capable d'assurer la fiabilité de l'approvisionnement du réseau gazier espagnol. La société espagnole Escal UGS explique avoir reçu en 2008 une licence du ministère de l'Industrie pour exploiter ce site.

 

Il n'y a aucun doute sur le lien entre l'injection de gaz dans le réservoir sous-marin de ce projet et les séismes affirment de leur côté les écologistes.

 

Espérons, en tout cas, que ce projet ne se transforme pas en catastrophe.

 

Nous vous rappelons que vous pouvez retrouver cette rubrique sur le site radiotouchepasamonschiste.org, dans un format audio et dans un format texte.