Actu Europe du 13-12-2013

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Pour ce nouveau tour d'horizon de l'actualité en Europe, nous prendrons soin de regarder des deux côtés, à l'Ouest et à l'Est.

Dans les deux directions effectivement. A l'Est où ont lieu de nombreux événements. Je ne reviendrai pas sur l'Ukraine qui s'enfonce dans une crise de plus en plus importante et dont il est difficile de prédire l'issue et où l'on est un peu loin de la seule question du gaz de schiste... Je vous parlerai donc, surtout, de la Roumanie. Puis, pour finir, quelques mots sur une société australo-anglaise qui se porte plutôt bien.

Débutons par la Roumanie.

Avec un résumé des récents événements. Début décembre, plusieurs centaines de gendarmes sont intervenues en force contre des villageois de Pungesti, un village situé au nord-est de la Roumanie où l'entreprise Chevron dispose de trois permis.

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Depuis deux mois, des sit-in sont organisés pour empêcher la compagnie américaine de débuter ses travaux d'exploration.

Intervention plutôt musclée.

Oui, selon les différents témoignages, les forces de gendarmerie ont eu la main lourde. Il ont littéralement fait le ménage. Les villageois ont été frappés, traînés par terre; la route a été bloquée et le terrain qui était occupé, complètement dégagé.

C'est un peu le même cas de figure qu'en Pologne, à savoir que le terrain occupé est un terrain privé qui appartient à un habitant du village. En se relayant sur ce terrain, les villageois empêchent les engins de chantier de Chevron d'accéder au site où la compagnie compte creuser le puits d'exploration.

Que fait Chevron ?

Chevron, qui fait face à une forte opposition à ses projets, avait suspendu ses activités. Mais suite à cette intervention policière l'entreprise a repris ses travaux sous la garde d'importantes forces de police.

La situation reste toutefois tendue.

Oui, car la semaine dernière, la mobilisation contre ce coup de force a été importante. Les villageois de Pungesti et les militants anti gaz de schiste sont passés au travers d'un cordon de gendarmes et ont pénétré sur le terrain où se trouve Chevron.

Il est fort probable que les villageois et les anti gaz de schiste n'en resteront pas là. La mobilisation dans les semaines à venir sera un bon indicateur. Nous ne sommes pas dans une situation à l'ukrainienne, mais depuis un moment déjà, les manifestants demandent la démission du Premier ministre Victor Ponta. On se souvient que celui-ci était farouchement opposé à cette industrie lorsqu'il était dans l'opposition, mais que, depuis son élection, il est devenu ouvertement pro gaz de schiste.

De son côté, Chevron fait profil bas, et investit énormément dans la communication en direction de la communauté locale. Pas sûr que ce soit suffisant, d'autant plus que des manifestations se déroulent aussi, et de façon régulière, à Bucarest .

Avant de gagner Londres, une halte en Norvège.

La Norvège : pays discret, mais néanmoins économiquement actif. C'est ainsi que l'on apprend qu'un accord vient d'être signé entre le géant russe du pétrole Rosneft et le norvégien Statoil.

L'objectif est de produire du pétrole de schiste sur un gisement en Russie, dans la région de Samara (Volga). La société commune est chargée de mettre en place un programme pilote pour acquérir des données et forer, par fracturation hydraulique, des puits.

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La Russie qui explique par ailleurs, notamment en Ukraine, que la fracturation hydraulique est un procédé très dangereux.

Pour rassurer les personnes qui auraient des doutes sur la santé des grandes compagnies pétrolières et gazières, une nouvelle qui nous vient de Londres.

Et qui concerne la société BHP Billiton. Société très peu connue du grand public. BHP est la partie australienne et Billiton la partie anglaise. Et cela donne naissance en 2001 à la plus grande société minière au monde, avec une production tournée vers le fer, le charbon, les diamants, la bauxite et le pétrole.

Cette société vient d'annoncer, à Londres donc, que ses investissements dans le gaz et le pétrole de schiste américains devraient générer du cash à partir de 2016, apportant aux résultats du groupe une contribution annuelle de près de trois milliards de dollars d'ici la fin de la décennie.

Le groupe projette d'ici 2017, aux USA, une production de 500.000 barils par jour d'équivalent pétrole, soit à peu près l'équivalent de la production totale d'un gros producteur indépendant américain.

Tout va donc très bien pour eux... Pas sûr, en revanche, qu'il en soit de même pour les terrains où fleurissent les puits d'extraction et pour les populations locales.